04/10/2026
🩷🩵
Je vois passer beaucoup de publications ces derniers jours.
Celles qui portent fièrement le rose.
Celles qui ne veulent plus en entendre parler.
Celles qui rappellent que le cancer n’a absolument rien de rose.
Celles qui dénoncent le business autour de cette couleur.
Celles qui parlent des battantes.
Celles qui rappellent celles qui ne sont plus là.
Et vous savez quoi ?
Je crois qu’elles ont toutes le droit d’exister.
Parce qu’il n’existe pas UNE façon de traverser le cancer.
Il existe autant de chemins que de personnes qui le rencontrent.
Dans mon histoire, il y a d’ailleurs deux couleurs.
🩵 Le turquoise, pour le cancer du col de l’utérus.
🩷 Le rose, pour le cancer du sein.
Deux cancers entrés dans ma vie à quelques semaines d’intervalle.
Deux diagnostics.
Deux morceaux de mon histoire.
Alors non, évidemment, le cancer n’est pas rose.
Il n’est pas turquoise non plus.
Ces couleurs ne sont pas celles de la maladie.
Ce sont celles des rubans que nous avons choisis pour la rendre visible.
Et pour moi, c’est là que tout le sens se trouve.
Un ruban, c’est un symbole.
Une façon de dire : regardons. Parlons-en. Informons. Prévenons. Dépistons. Cherchons. Accompagnons.
Parce que punaise… OUI, LE DÉPISTAGE EST IMPORTANT.
La recherche est importante.
Les traitements sont importants.
Les soignants sont importants.
Les associations sont importantes.
Les maisons et espaces de ressourcement sont importants.
L’accompagnement pendant et après la maladie est important.
La prévention est importante.
Et mettre des mots là où il y avait autrefois du silence est important.
Je suis là aujourd’hui aussi grâce à tout cela.
Alors oui, je porterai du rose en octobre si j’en ai envie.
Et du turquoise aussi.
Pas pour rendre le cancer joli.
Pas pour oublier sa violence.
Pas pour nier celles et ceux qui souffrent.
Et certainement pas pour mettre un joli filtre coloré sur une réalité qui peut être terriblement dure.
Mais parce que derrière ces rubans, je veux continuer à voir leur sens.
Et puis il y a une autre dimension de mon histoire.
Au-delà de ce que cette maladie m’a pris, il y a aussi cette question que je me suis autorisée à poser :
« Qu’est-ce que cette traversée vient me transmettre ? »
Pas « pourquoi moi ? ».
Pas « qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? ».
Mais qu’est-ce que je veux faire de la vie qui est là, maintenant ?
Elle m’a appris à écouter davantage mon corps.
À revoir mes priorités.
À goûter certains instants autrement.
À rencontrer des personnes extraordinaires.
À recevoir.
À ralentir parfois.
À aimer encore plus fort.
À comprendre que prendre soin de soi n’est pas un luxe.
Et à transformer une partie de ce que j’ai traversé en graines que je peux, à mon tour, semer.
C’est aussi de là qu’est né Souffle de Lune. 🌙
Alors mon Octobre Rose ne sera ni naïvement rose, ni complètement noir.
Il aura toutes les nuances de la vraie vie.
Il y aura de la peur.
De la colère.
De la gratitude.
Des cicatrices.
Des absentes.
Des femmes en traitement.
Des femmes en rémission.
Des femmes qui ne veulent surtout pas qu’on les appelle « battantes ».
Et d’autres qui ont besoin de ce mot pour avancer.
Laissons chacune mettre ses propres mots et ses propres couleurs sur son chemin.
Mais surtout…
Continuons à parler.
Continuons à dépister.
Continuons à soutenir.
Continuons à financer la recherche.
Continuons à créer des lieux où l’on peut déposer ce que la médecine ne soigne pas toujours.
Continuons à prendre soin de l’humain derrière la maladie.
Parce qu’au fond, c’est peut-être cela que devraient nous rappeler tous ces rubans :
🎗️ Derrière chaque couleur, il y a une vie.
Et chaque vie mérite que l’on en prenne soin.
🌙 Souffle de Lune
Nathalie Zorn