27/10/2026
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La peur peut prendre beaucoup de place dans l’épuisement professionnel.
La peur de décevoir, de commettre une erreur, de perdre son emploi ou de ne plus être considéré comme compétent.
Elle peut pousser à accepter une tâche supplémentaire alors que la journée déborde déjà, à vérifier encore un dossier ou à répondre aux messages le soir pour éviter un reproche le lendemain.
Dans certaines situations, ces craintes répondent à une réalité : des effectifs insuffisants, des exigences contradictoires, un management qui entretient la pression ou un emploi précaire. Dans d’autres, elles rencontrent une histoire personnelle dans laquelle être apprécié passe beaucoup par le fait de réussir, de rendre service ou de ne jamais décevoir.
Ces dimensions peuvent aussi se renforcer.
Le problème, c’est que travailler davantage peut rassurer sur le moment. On termine le dossier, on évite un conflit, on reçoit un remerciement. Mais lorsque cette manière de faire se répète, le repos recule et les limites deviennent plus difficiles à poser. On finit par consacrer toujours plus d’énergie à éviter ce que l’on redoute, alors même que l’on en a de moins en moins.
En consultation, comprendre cette peur permet de mieux saisir ce qui rend l’arrêt si difficile.
En effet, dire à quelqu’un « vous devez lever le pied » ne suffit pas si, pour lui, ralentir signifie risquer sa place, ses revenus ou l’estime des autres.
Il faut donc pouvoir parler de ces conséquences, distinguer celles qui sont probables de celles qui sont anticipées, et chercher des appuis concrets.
La peur peut également rester présente pendant l’arrêt de travail : peur de ne pas récupérer, du regard des collègues ou du retour dans les mêmes conditions. Elle mérite d’être entendue, sans devenir une pression supplémentaire pour reprendre trop vite.
Le burn-out ne se résume donc pas à une difficulté individuelle à dire non. Accompagner une personne, c’est aussi examiner son environnement de travail et les changements nécessaires pour qu’elle puisse y préserver sa santé.
Prendre sa peur au sérieux, c’est commencer à chercher ce qui permettrait de se sentir suffisamment en sécurité pour poser une limite et la faire respecter.