12/10/2026
⛑️🌱Santé d’abord
Octobre Rose : après le dépistage du cancer du sein, quelles chances de guérison et quel accès aux traitements ?
Chaque mois d’octobre, nous encourageons les femmes à se faire dépister. Cette mobilisation est nécessaire. Mais pour celles qui reçoivent un diagnostic de cancer, elle doit aussi ouvrir un chemin vers les soins.
Le thème de l’OMS pour 2026, « Chaque histoire est unique, chaque parcours compte », rappelle que derrière chaque diagnostic se trouve une personne avec ses besoins, ses contraintes et ses choix. (who.int)
Chaque mois d’octobre, les campagnes encouragent le dépistage. Pour les personnes qui y participent, une information claire doit préciser le lieu, l’examen proposé, son coût et la suite prévue. Les offres recensées dans notre recherche annoncent, selon les sites, un examen clinique des seins, une échographie ou une mammographie : les prestations comprises doivent être explicites. Une annonce de « dépistage gratuit » ne garantit pas que l’imagerie ou les examens complémentaires soient également gratuits. Lorsqu’une anomalie est détectée, la qualité des soins exige une orientation permettant de confirmer le diagnostic et, si nécessaire, de commencer un traitement adapté, même après octobre.
L’enjeu est considérable. Selon l’OMS, environ 2,4 millions de femmes ont reçu un diagnostic de cancer du sein dans le monde en 2024, et environ 694 000 personnes en sont décédées. Ces décès ne concernent pas nécessairement les personnes diagnostiquées cette même année. (who.int)
Après le diagnostic, un traitement adapté à chaque personne
Il n’existe pas un traitement identique pour tout le monde. Le choix dépend du type de cancer, de son étendue et de la situation de la personne. La chirurgie, la radiothérapie et les médicaments peuvent être associés selon les besoins. Les traitements sont plus efficaces lorsqu’ils commencent suffisamment tôt et que le parcours recommandé peut être mené à son terme. (who.int)
Informer sur les possibilités de traitement a donc une valeur concrète : une patiente peut découvrir qu’un service existe plus près de chez elle ou qu’une aide financière peut faciliter ses soins.
Des possibilités existent sur le continent
Au Bénin, le Centre hospitalier international de Calavi, à Abomey-Calavi, dispose d’un service de radiothérapie ouvert depuis avril 2026. Cette nouvelle offre permet d’accéder localement à un traitement qui nécessitait auparavant un déplacement à l’étranger. Les tarifs et les conditions d’admission doivent être demandés au centre. (gouv.bj)
Au Sénégal, le plan national de lutte contre le cancer 2025–2029 mentionne la gratuité de la chimiothérapie pour les cancers du sein et du col de l’utérus ainsi qu’une subvention de la radiothérapie. Cela ne signifie pas que l’ensemble du parcours est gratuit : les conditions d’accès et les dépenses restantes doivent être vérifiées, notamment pour les personnes venant d’un autre pays. (iccp-portal.org)
Le répertoire qui accompagne cette publication présente les établissements identifiés dans la recherche, leurs villes et les soins documentés, notamment en Afrique du Sud. Il sert à orienter les personnes et leurs familles ; avant tout déplacement, la disponibilité du traitement, le rendez-vous et le coût doivent être confirmés.
Grossesse et cancer du sein : des soins restent possibles
Un diagnostic pendant la grossesse n’impose pas systématiquement une interruption de grossesse. La chirurgie peut être réalisée et certaines chimiothérapies peuvent être administrées après le premier trimestre. D’autres traitements doivent être reportés ou sont contre-indiqués. Les décisions nécessitent une coordination entre oncologie et obstétrique, en tenant compte du cancer, du terme de la grossesse et des préférences de la patiente. (cancer.gov)
La qualité des soins se mesure aussi à la continuité du parcours
Un appareil disponible ou un médicament annoncé ne suffit pas. La personne doit pouvoir recevoir ses résultats, comprendre son traitement, obtenir ses rendez-vous et poursuivre ses soins sans interruption évitable. La prise en charge doit également intégrer la douleur, les effets indésirables, le soutien psychologique et la rééducation. (who.int)
Pour Octobre Rose, suivons aussi les délais avant le traitement, les difficultés financières et les parcours interrompus. Chaque personne dépistée doit pouvoir trouver une suite à sa démarche.
Martine Megnigbeto, MPH, CHES