31/10/2026
Il y a quelques jours, France 5 diffusait un numéro de « Prenez soin de vous ! » consacré aux douleurs chroniques qui concernent 23 millions de personnes en France, selon l’émission. Marine Lorphelin, médecin et journaliste, m’avait invité à faire une séance d’hypnose avec Véronique, qui vit avec sa douleur depuis des années.
À la fin du reportage, il y a un moment que je garde en tête : Véronique revient sur notre séance. Elle raconte qu’elle s’était toujours vue comme une guerrière face à sa douleur : tenir, la repousser, ne rien lui céder. Pendant la séance, je lui ai proposé de changer de point de vue. Sa douleur est apparue sous la forme d’un visage, d’une présence... on a travaillé à partir de là. Dans le documentaire, elle dit avec beaucoup d’émotion qu’elle la voit maintenant comme une alliée.
Ce qui m’a touché, c’est qu’elle venait de dire, avec ses mots, ce que j’essaie de transmettre depuis des années...
Quand on a mal depuis longtemps, se battre paraît être la seule attitude possible. C’est pourtant souvent ce qui épuise le plus. Erickson disait qu’une douleur a trois couches : celle qu’on ressent maintenant, celle dont on se souvient, et celle qu’on redoute pour demain. Sur les deux dernières, l’esprit a bien plus de prise qu’on ne l’imagine !
En hypnose, on fait un pas de côté qui peut sembler étrange : on rencontre la douleur au lieu de l’attaquer. On commence par lui donner une forme, un visage... L’effet est très concret : une sensation diffuse, qui envahissait tout, devient quelque chose de situé, avec des contours, qu’on peut donc « saisir », avec lequel on peut dialoguer. . Un symptôme est souvent un message qu’une partie de nous essaie de faire passer.
Une précision : l’hypnose ne remplace ni un diagnostic, ni un traitement, ni un suivi médical. Elle change la relation qu’on a avec la douleur et quand la relation change, la perception change souvent avec. Si vous vivez avec une douleur, je vous propose une question, sans chercher à y répondre tout de suite : si elle avait un visage, à quoi ressemblerait-il ?
L’émission est en replay sur france.tv