21/09/2026
Pour nos enfants, on peut se donner la peine de faire les choses comme il faut.
Un perçage de lobes peut nous paraître anodin.
Quelques secondes, deux petits trous, deux jolies boucles.
Et pourtant, pour l’enfant qui le vit, l’expérience est bien réelle.
J’entends encore souvent :
« Il faut le faire vite. »
« Comme ça, elle ne s’en souviendra pas. »
« On me l’a fait petite et je n’en suis pas traumatisée. »
Je ne cherche pas à culpabiliser les parents qui ont fait ce choix. Je souhaite simplement que nous questionnions collectivement cette manière de penser.
Puisque ce perçage n’est ni urgent ni nécessaire, pourquoi faudrait-il le faire avant que l’enfant puisse comprendre ce qui va lui arriver ?
Pourquoi ne pas attendre qu’il puisse participer à une décision qui concerne son propre corps ?
Vouloir des boucles d’oreilles et être prêt à vivre un perçage sont deux choses différentes.
Chez Percea, je veux qu’un enfant puisse comprendre ce qui va se passer, poser ses questions, exprimer sa peur sans qu’elle soit minimisée, prendre le temps de créer un lien avec moi et, surtout, pouvoir dire :
oui, non ou pas aujourd’hui.
L’autorisation du parent est indispensable.
Mais pour moi, la parole de l’enfant compte tout autant dans la décision de réaliser mon geste.
C’est précisément pour cette raison que j’ai mis en place un premier rendez-vous.
Un rendez-vous pour écouter la parole de l’enfant, le familiariser avec les lieux, avec moi et avec l’acte qu’il s’apprête à vivre.
Ce rendez-vous n’est pas du temps perdu.
C’est un temps de rencontre, d’observation et de préparation.
Il permet de vérifier qu’entre l’envie d’avoir de jolies boucles et la réalité du perçage, l’enfant est réellement prêt à franchir cette étape.
Et parfois, cette rencontre aboutira à un :
« Pas aujourd’hui. »
Ce n’est pas un rendez-vous raté.
C’est au contraire la preuve que nous lui avons laissé suffisamment de place pour nous montrer ce qu’il ressent et que nous avons choisi de l’écouter.
Je considère ce temps comme nécessaire au respect de son intégrité, de son rythme et de sa parole.
Parce qu’apprendre à un enfant que son corps lui appartient ne devrait pas commencer uniquement lorsque les sujets